LE MOIGNON FAIBLE

              moignon.jpg

Les banques où l’art de se faire dévorer des dents du bout !

        Au banquet des banquiers, les convives savent apprécier à leur juste valeur les vols-au-vent sauce financière, ainsi que les traditionnelles pitances à base d’oseille. Toutefois, le fin du fin reste cette bonne vieille soupe populaire, à base de comptes en berne et de clients sur le carreau.A l’image de la potion magique, ce minestrone développe chez nos « amis » un simulacre de puissance érectile, stimulée par la « fange sociale »… Hors, nous ne laisserons pas les choses se poursuivrent ainsi ad vitam moritam ! Sus aux banquiers et à tout ce qui ressemble de près ou de loin à des usuriers… !

 

Les carosses sont cuits

        Sonnez clairons, hurlez trompettes, couinez couineurs ! Les banques ont officiellement pris le pouvoir en l’an de grâce 2007, après une longue et lente montée en puissance. S’appuyant sur la tête des moins bien lotis pour assurer la solidité de leurs tours à jamais inexpugnables, elles règnent aujourd’hui de Fort Knox au Crédit Mutuel de Bretagne, des Caisses d’Epargne à la BNP, en passant par le crédit agricole et autres CIC de malheur. Tout le monde se doutait qu’un jour, peu après l’édification des réseaux informatiques et bien avant la fin du monde, le mal dans toute son horreur viendrait faire le ménage dans notre société de surconsommation.

        Ici, le danger se terre à chaque coin de rue. Une enseigne cloutée au mur attire les clients comme la lumière captive les papillons de nuit. Aussi, pour expliquer dans quel pétrin nous nous trouvons aujourd’hui, rien de tel qu’une petite mise à jour de votre système d’exploitation neurologique. La France connaît depuis les deux crises pétrolières un déficit budgétaire continu. En 1973, Giscard d’Estaing, alors ministre des finances de Georges Pompidou, décide de sortir son pays du lisier. En empruntant sur quinze ans au taux de 7%, il espère redonner l’impulsion nécessaire à la reprise économique. Las, l’inflation se trouve à ce moment à 9,2%. Elle culmine l’année suivante à 13,7% et retombe sauvagement à 2,7% en 1988. Cette même année, la France se retrouve avec plus de 90 milliards de francs (13,7 milliards d’euro) à rembourser contre 7,5 milliards de francs d’emprunt initial. Quelle belle affaire… pour les banquiers. Ce sera en partie grâce à l’impôt sur le revenu que cet ex-futur président de la république épongera une partie de la dette publique. Malgré tout, l’enlisement poursuit sa trajectoire, en dépit de politiques de relances stériles. A l’exception de nos banques qui font des petits sur notre dos, en partie grâce à la méconnaissance de dirigeants aussi inefficaces à lutter contre la récession que Don Quichotte à se battre contre ses moulins.Première claque. La seconde ne tarde pas, malgré les beaux discours d’autres moulins… à paroles.

        Avec la ratification en 1992 du traité de Maastricht, la Banque de France et la Banque Centrale Européenne sont interdites d’émettre le moindre écu, franc, euro ou quoique ce soit qui puisse ressembler de prêt ou de loin à un billet doux. En 2005, la France doit aux banques sept fois sa masse monétaire. Les trous se multiplient dans les caisses. Dilaté à l’extrême, l’orifice de la Sécu offre une vue imprenable sur un gouffre abyssal. C’est l’heure du diktat de pivot. L’Union européenne a sonné ses douze coups. Les critères de convergence étant, nous devons respecter les 5% par ci, les 3% par là. La rigueur est le maître mot dans notre nouvelle « vieille Europe ».

        Pendant ce temps, les réseaux bancaires ont les meilleurs gestionnaires et les meilleurs économistes de France, en plus des pleins pouvoirs. Nous, le droit de la mettre en veilleuse, et de suivre le mouvement, à l’image d’un mouton de Panurge tétraplégique. C’est l’époque de l’easy money, avec un Paul Loup Sulitzer au top de ses facultés et un nègre à son service. Le climat semble propice aux organismes monétaires, économiques et financiers. Le larron, dans l’affaire, reste l’Etat… et ses serfs vêlant. Enfin, ses citoyens…

        Aussi quelles réponses sommes-nous censés apporter lorsque ces magnifiques instruments de solidarité crient famine ? Quelles actions nous siffle notre gouvernement, obstinément serein ? Pour regonfler le dynamisme du pays et combler les chiffres liés à la consommation, nos politiques font appel aux vieilles ruses. Augmentation du Smic, baisse des prix et des loyers, chute des taux d’intérêt, développement et accessibilité des crédits à la consommation, ouverture des commerces le dimanche… Le but inavoué : nous faire payer, raquer, débourser, banquer, le pieux enfoncé jusqu’à la lie. Pendant ce temps, l’Etat poursuit sa paisible descente aux enfers. Nous à son bord, serrés aux bourses par les cordons… Nous entrons dans leur nouveau moyen âge de paupérisation, les SDF envahissent notre quotidien au gré de leur transhumance : l’hiver à Paris dans leurs tentes Quatre secondes, l’été dans le sud goûtant aux restos du cœur… Emportés par une mer d’agio, ces sinistrés espèrent encore voir passer le radeau de Vendredi. Aujourd’hui, c’est samedi… et les banques sont exceptionnellement fermées pour cause de rattrapage de jour férié !

        L’année 2005 s’avère une année véritablement riche… en événements. La dette publique avoisine les mille cent milliards d’euros. Soit un bon 18,000 euros par tête de pipe.
        Si cela peut en soulager certains, apprenez que ce constat ruineux touche désormais la plupart des nations. Le pays moteur de la croissance économique mondiale, les Etats-Unis, se révèle être paradoxalement à l’origine des plus grands déséquilibres planétaires. Obéré, le « Bush trou » comptait en ce début de millénaire un taux de 43% d’endettement national. Mais, mais, mais… A qui la faute ? Une petite pause réflexion s’impose. Vous commencez à comprendre ? Alors continuons…

 

Et ils pompaient…

        La création, la diffusion, et la reproduction exponentielle des crédits, accompagnés d’intérêts tantôt attrayants tantôt frauduleux ont permis la circulation d’argent nouveau, ainsi que le « méphistophalique » processus d’endettement à l’échelle mondiale. Consentie par notre gouvernement, la production de la monnaie n’est plus une affaire d’Etat mais bel et bien de banques privées. De cartels. De gangs. Plus dangereux que yakusa, Al Qaïda, mafiosi et tutti quanti réunis. Les accords mondiaux entre les banques se développent, s’affirment. Au nom de la mondialisation, les pontes déchaussés (situation explosive : les jeux de mot se corsent) à la tête des super nations désirent renforcer plus encore les corrélations entre l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale. Cette association prévoit notamment une coopération mutuelle et de régulières consultations. Bien entendu, nous éviterons ici d’égratigner l’ancien président de la Banque Mondiale, l’Américain Paul Dundes Wolfowitz, qui a finalement donné sa démission en mai 2007, suite à d’outrageuses accusations de népotisme. Ah, ces juges ! Ils ne comprennent décidemment rien au business des maîtres du monde !

        Fin du cours de rattrapage. Le tableau est brossé. Les idées ont été remises à leur place. Et une boule à l’estomac signifie la bonne compréhension du sujet. Poursuivons.

 

Renvoyez les censeurs

        De quelle manière les banques ont-elles pris le contrôle de nos vies au travers de nos portefeuilles dégarnis, autorisant la suprématie des plus riches au profit des sans le sou ? Comment ses maisons « clauses » ont-elles accentué les inégalités entre les différentes strates sociales ? Et enfin, quelles solutions suis-je en mesure de vous proposer, moi, modeste serviteur, plus pauvre que dix Abbé Pierre réunis, face à vous, lecteurs, dont l’espoir se résume à une grille de loto ou à l’héritage d’un oncle américano-crésussien, pour le moment et pour un certain temps encore, inconnu aux bataillons.

        Aussi, quel journaliste, écrivain, éditorialiste, blogger ne s’est pas un jour brûlé les ailes en affichant un point de vue décalé, quelque peu dérangeant, politiquement, moralement, économiquement incorrect ?
        Stéphane Moreau contre les banques, c’est un peu David Copperfield contre Chantal Goliath. Seulement, l’aliboron désabusé espère encore déjouer les pièges de la damnation, en faisant abstraction des pros de la censure, ces as censeurs, qui montrent ou qui descendent…

 

La suite : Volume 2 – La Roue de l’Infortune

 


Laisser un commentaire