Des Rapaces contrôlés

Des rapaces contrôlés

        Nous savons qui nous sommes, mais qui sont-ils, eux, ces banquiers, juges et bourreaux devant nos capitaux ? Un euro dans le rouge, et vous vous payez un savon bio dégradant. Et en public, tiens ! Il apparaît ainsi légitime de rendre à nos amis la monnaie de leur pièce. Ainsi, lorsqu’en février 2007, deux dirigeants de la Caisse d’Epargne – le Directeur Général et le Directeur Général Adjoint de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne (pour « presque » les citer) – glissent subrepticement 150,000 € de prime dans leur poche révolver, à l’insu du personnel, pour « un surcroît de travail », le clash a bel et bien lieu. Bon, okay, ce ne sont pas les clients qui sont venus hurler « aux voleurs », mais quelques sous-fifres désireux de se payer une part du gâteau, et non des miettes à 400€ plus une augmentation de salaire à 0,8%. Non mais ! Qui veut des miettes ? Moi, moi, moi ! Qui veut une part du mille-feuille exhaussé à dix fois le Smic ? Allez, faites donc un vœu, ça ne mange pas de pain !

        Bien entendu, certains clients n’apprécient pas d’être volés sans sourciller. Armés jusqu’aux dents, ils n’ont qu’une obsession : récupérer leurs derniers deniers par la force de la poudre, et dans la foulée, délester les provisions de leurs concitoyens. Rien à voir avec l’histoire contée quelques lignes plus haut. Quoique. Ne voyant pas les choses du même œil, les banques investissent de plus en plus nos richesses dans leur sécurité : caméras, alarmes, vigiles, fourgons blindés, ouverture télécommandées, gros molosses derrière les guichets (ah non, désolé madame, je vous avais pris pour quelqu’un d’autre), petits écriteaux « Cette agence n’a pas de grisbi dans ses tiroirs mais un commissariat à trois pas d’ici », visages cadenassés, fesses congestionnées… Pour éviter de faire de la peine aux attachés clientèle, nous ne mentionnerons pas les heures d’ouverture réduites à une peau de chagrin. Nous avons en effet l’impression que nos préposés s’usent le fond du pantalon 35 heures… par an. Sans parler des RTT, des réunions autour de la machine à café, des travaux, ou du temps passé au téléphone avec Maurice ou Roberta, leurs amis imaginaires…

        Il m’arrive régulièrement d’appeler l’un de mes conseillers attitrés. Et devinez quoi ? Tel un cercle vicieux, pi fois sur quatre, je tombe sur la gentille petite dame de l’accueil, toujours pleine de bons sentiments mais doublée d’une incompétence notoire. Si la question ne concerne pas l’heure ou la date de retour dudit conseiller, je me heurte invariablement à un mur spongieux et cafouilleux. « Désolé, je ne peux rien faire pour vous ! Mr Tupudubec est actuellement en formation. Il apprend à lire. Rappelez la semaine prochaine… » Comme si la terre s’arrêtait de tourner les lundis, samedis après-midi ou pendant leurs RTT. Eh oui, ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre, n’est-ce pas ?

~ par silencedesagios le octobre 3, 2007.

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